La découverte de mon identité peule

Un an après que j’aie commencé à aller à l’école, mon père est affecté dans un village où il n’y avait pas d’école. Ainsi, j’étais obligé de quitter mes parents pour mes études. Je m’étais retrouvé chez un agent d’élevage comme mon père dans un village ou le fulfuldé n’était presque pas parlé. Ne trouvant avec qui échanger en langue maternelle, j’oubliai le fulfuldé pour le bariba.

Cinq ans après, je rejoignis mes parents où dire « bonjour » en fulfuldé était du chinois pour moi. La deuxième femme de mon père étant bariba, et à force de rester dans les milieux baribas, tous le monde ne parlait que bariba dans ma famille. En jouant avec les jeunes baribas, j’étais traité de peul, et avec les jeunes peuls j’étais traité de bariba. A quel groupe ethnique étais-je ? Qu’est-ce qu’il fallait faire ?

Un soir, pendant les vacances, mon oncle était venu voir mon père. Je le suivis jusqu’en ferme. Ce fut un nouveau monde pour moi. Le lendemain mon père vint me chercher, mais mon oncle parvint à le convaincre malgré lui. Ainsi tous les jours j’allais au pâturage avec mes cousins qui ne cessaient de m’embêter suite à de mauvaises prononciations de certains mots peuls. Ceci m’énervait des fois, et se terminait par la bagarre. Les soirs, de retour du pâturage, à cause de mon fulfuldé ridicule que je parlais, beaucoup d’enfants se retrouvaient au camp de mon oncle pour m’entendre parler. Ceci fit de ce camp un lieu de rencontre nocturne de jeunes. Trois mois durant, je fus élève de ma langue maternelle. C’est ainsi que je suis retourné pour la rentrée parlant désormais le fulfuldé, et j’ai retrouvé mon identité peule !

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One Response to “La découverte de mon identité peule”

  1. Musa says:

    what an amazing story.