Tatouages faciaux au Mali

Préavis : cet article contient des images difficiles.

Pendant notre visite à Bôkôlô, nous avons été privilégiés d’être témoins d’un rituel unique. Nous étions assis sous un arbre avec les hommes, parlant des défis d’eau, quand nous avions entendu des sons de tambours venant de l’autre côté du village. Nous sommes donc allés enquêter, et ont pu documenter cette tradition remarquable :

(film)

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Dans l’Afrique de l’Ouest, beaucoup de Peuls portent des tatouages faciaux comme symbole de leur identité culturelle. Au Mali, les femmes tatouent leurs bouches et lèvres, dans un rite qui s’appelle le « Tchoodi. »

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Le cercle noir qui entoure la bouche dirige l’attention aux dents blanches et au beau sourire. Le tatouage a l’effet de rendre la femme plus séduisant aux hommes.

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Le rite est effectué par les femmes, et exclu les hommes, donc nous étions encore plus reconnaissants d’être invité à le documenté.

La cérémonie est un rite de passage à l’âge adulte, qui transforme les filles en femmes.

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Cette journée-ci, trois filles ont accompli le « Tchoodi, » et en sont sorties avec les tatouages symboliques.

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De l’encre d’origine naturelle est répandue sur les lèvres. La peau est ensuite piquée avec une aiguille fine pour laisser le pigment pénétrer les couches de peau. Un gonflement sévère suit.

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Sans anesthésie, elle est consciente tout au long du processus.  Son stoïcisme fait preuve de son courage.

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Mère et fille, qui ont toutes les deux participé au rite du « Tchoodi » quand elles étaient plus jeunes.

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Fatimata nous a expliqué que les filles doivent accomplir le « Tchoodi » pour éviter la dérision de leurs pairs.

Cette tradition est évidement très douloureuse, et peut avoir l’air brutal pour ceux qui ne sont pas Peuls, mais nous au Projet Pulaku ne la défendons pas ni ne la jugeons pas. Nous sommes témoins aux traditions en tant que journalistes, avec le désire de faire connaître la richesse de la culture Peule.  Le rite du passage « Tchoodi, » comme la Cérémonie Goja que nous avions documenté au Bénin, est souvent critiqué, mais tous les deux sont intégraux à leur propre tradition.

Une femme à Bôkôlô a expliqué, « Dans notre culture, il n’y a pas de place pour la peur…. Nous sommes fières d’affirmer notre identité. »

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8 Responses to “Tatouages faciaux au Mali”

  1. Ramata BARRY TRAORE says:

    Hi !

    These young and beautiful girls are extremely courageous and they deserve congratulations from us. But, I would like to know if these women are aware about HIV disease or not? I think tabitaal-pulaagu of Mali should tell them about the risk of contamination whith the blood which can happen during this tatoo’s ceremony. Thanks.

  2. ka says:

    On est fièr et chaque éthnie doit respecter la tradion des autres éthnies.

    Nous sommes peulhs ne signifie pas que nous existont simplement parmi les etres

    vivants…..! Non ça signifierait malgré la dispertion que nous sommes riche surtout en ce qui
    concerne des connaissances ,grandeur d’ame et des secrets tradionnels mysterieux. De sorte

    que les restes ont duent mal à savoir et connaitre la réalité et la potentialité qui se

    cachent dans cettes connaissances cette grandeur d’ame et ces secrets mystiques qui sont

    cachés dans le : (NOUS SOMMES PEULHS)

  3. Merci pour le message ! Nous espérons que ces histoires contribueront à la fierté du peuple Peul.

    -Christoph et Guida

  4. Emily says:

    As a RPCV from Senegal, having lived in a Pulaar du Nord (Toucouleur) village, I think it’s important to note all of the opportunities for infection and transmission of disease afforded by traditional tattooing. It is incredibly painful, and depending on the community, it is not a choice. Girls who cry can be mocked for the rest of their lives because « they were not brave. »

    I always laughed when women told me I should get my lips and gums tattooed (just my lips and gums because I’m young and the larger tattoos are no longer in fashion where I lived). It is wonderful to have traditions, but it is also important to recognize the dangers of those traditions and the meaning of group identity when it is a forced identity.

    Pulaars have so many rich and wonderful traditions. I hope that this tradition will be safe (not with a dirty stone fished out of an old woman’s pocket) and that girls can choose it, not when they are 10 or 11 and pushed forward by their grandmothers, but when they can decide how they want to display their group identity and permanently decorate their bodies.

  5. Marie says:

    Est-il nécessaire de souffrir pour affirmer son identité ?
    Pourquoi porter au nues une pratique abominable, comme en témoigne les photos ? Un tatouage externe avec du bleu de méthylène suffirait amplement !
    POUR INFO : Pratiqué chez les Peuls et Toucouleur, ce tatouage féminin dont les photos ici présentes sont très explicites, s’obtient au moyen d’aiguilles piquées autour de la bouche au préalable humectée avec du bleu d’antimoine (pierre trouvée dans la brousse). C’est une opération très douloureuse qui provoque pendant quelques jours enflure voire suppurations, et il arrive que des jeunes femmes s’y refusent. Elles sont alors presque bannies du clan ou du moins sont sujettes à moqueries pour avoir offensé les traditions séculaires et manqué de courage (Cf. le film « Kodou » de Ababacar Samb Makharam en 1971). Ce bleuissement des lèvres se fait à partir de l’adolescence et doit être renouvelé plusieurs fois.

  6. Mido yide aadaaji e fina-tawa Fulbe fof, yo Geno Barkin on… On jaramaa

  7. Peeral says:

    Miɗo yiɗi ɗum sanne sanne, on jaaraama, on hollii cuucal, yo Alla reenu laawol Pulaaku haa poomaa (cay).

    Indeed it is a very fantastic culture of the brave and beautiful, these women are very brave and courageous to undergo Coodi. I am sure they are aware about the risk … but as we all knows Coodi tattoo tools can also be modernized just like any other tools used for tattooing around the globe. To me this is not cause for concern… let Tabital Pulaaku (or any other) help the conservationists of this culture modernize their tools instead of condemning the Coodi …

    Mi yettii on sanne sanne!

  8. HOULEYE says:

    Je suis peul ( fouta djalon et dakar). Ce tatouage n’est plus pratiqué chez les plus jeunes. Les lèvres et le menton bleus ce n’est pas beau du tout. A la rigueur un rouge à lèvre bleu ou noir suffirait plutôt que de se mutiler bêtement. On peut déborder sur le menton et même jusqu’au cou si l’on y tient vraiment.